Monthly Archives: June 2011

Rentrer dans des cases

J’ai hésité longtemps à écrire ce billet… comme tous les articles un peu personnels que je poste sur ce blog d’ailleurs. Mais en ce moment, je lis un livre qui a certainement changé ma manière de voir le monde – rien que ça ! – (je vous parlerai de ce livre bientôt !) et ce livre consacre un chapitre entier au partage et à l’importance de communiquer et de transmettre aux autres ce que l’on sait.

Rentrer dans les cases… voilà bien un concept avec lequel j’ai du mal ! Je pensais que mon nouveau métier de photographe allait définitivement m’éloigner de ce genre de soucis. En effet, quand on est “artiste”, le but est justement de ne pas rentrer dans des cases bien définies, on attend de vous que vous soyez originaux, créatifs, surprenants, étonnants… Rentrer dans des cases, c’est bon pour les autres… il faut avoir tel diplôme, avoir fréquenté telle école, avoir fait tel stage, avoir traité tel sujet de mémoire.

Vraiment, depuis que je suis photographe, je ne me sentais plus obligée de correspondre à des critères du genre “moutons à cinq pattes”, définis par une intelligentia sortie de je ne sais où et qui me disait que je n’étais pas assez intelligente / compétente / douée / qualifiée (cocher la bonne case !) pour tel ou tel job…

Et puis j’ai “postulé” à la WPJA

Pour ceux qui ne connaissent pas la WPJA, c’est la Wedding Photojournalist Association et c’est une entité qui regroupent des photographes du monde entier. Vous pouvez postuler en remplissant un formulaire qui est sur le site, ils étudient votre “candidature”, scrutent votre portfolio (votre site) et vous disent ensuite si vous êtes accepté ou pas. Enfin, si vous êtes accepté, vous devenez membre de l’association et vous devez payer une cotisation annuelle (300$ pour un an).

On m’a dit : “Vas-y, postule, tu n’auras pas de difficulté à être acceptée !”

Raté !

J’ai reçu quelque semaines plus tard une réponse de la WPJA que je vous copie/colle ici :

Hi Emilie,

Please excuse our delay in getting back to you on this and thank you for your interest in joining the WPJA!

You definitely have the ability to create great images at a wedding! However, we feel that a slight edit to your portfolio is needed in order to meet the WPJA standards and guidelines for membership. There are sections of your wedding gallery that seem a little heavy with portraits (including camera-aware subjects & images from portrait situations).

We just counted the following while looking through the wedding images on your site. This is how they appear to us:

Moments 13
Portraits 16
Details 2
Visible Manipulation 6

From the WPJA site:

http://www.wpja.com/for_the_photographer/join_wpja_organization

WPJA members should NOT have more than 25-35% of the wedding images on their web sites from the following combined categories*:
• Portrait (photographer has control of the posed situation)
• Set-Up (subjects faking a moment or actions prompted by the photographer)
• Camera Aware (subjects staring into the camera)
• Details (flowers, cakes, rings, tables, gowns, shoes)
• Manipulated Images (pictures heavily altered with software: sepia, selenium or other toning, selective tinting, soft-focus effects, vignetted edges, desaturation, texture overlays)

If you choose to edit your portfolio, please reapply for membership and we will gladly take another look at your work.

Respectfully,

Sur le coup, j’avoue que je l’ai mal pris… je me suis dit : “Zut alors, je suis vraiment trop nulle comme photographe s’ils ne veulent pas de moi !” Et puis, j’étais en pleine période de doutes, de remises en question, de déprime, alors j’ai mis ça de côté… Mais après quelque temps, j’ai relu l’email et je l’ai compris autrement.

Je suis retournée voir mon site et je l’ai regardé avec un autre oeil. Qu’est-ce que j’y ai vu ? J’y ai vu des photos que j’ai aimé faire, je me suis rappelée les fous rires, les bons moments avec mes mariés, les moments d’émotion, je me suis souvenue des super décorations sur lesquelles mes mariées se sont pris la tête des mois entiers, j’ai revu les photos posées mais des photos sur lesquelles mes modèles se sont trouvés beaux, je me suis souvenue de leurs mots de remerciement quand ils ont découvert leur album ou leurs photos…

Etais-je prête à bazarder tout ça pour rentrer dans les “standards” de la WPJA ?

Non.

Ai-je envie de “modifier mon portfolio” – et mentir quelque part sur mon travail, juste pour avoir le privilège de mettre sur mon site le logo de la WPJA ?

Non plus.

Finalement, je me suis dit que ça m’allait bien de ne pas rentrer dans des standards de “photojournalisme” qui ne me correspondent pas. Je ne suis pas photojournaliste, je ne suis pas non plus photographe lifestyle, ni photographe fine art… je ne sais pas ce que signifie tout ça et je n’ai pas envie de rentrer dans une jolie petite case de laquelle je ne pourrai plus jamais sortir. J’ai juste envie de faire des photos, comme je les aime, vivantes, gaies, joyeuses, tristes, posées, inspirées de la mode, décalées, drôles, touchantes, simples, compliquées, en couleurs, en blanc et noir, de loin, de près, prises sur le vif, avec les gens qui regardent l’objectif, ou qui regardent ailleurs…

J’aime mon portfolio comme il est et je n’ai pas envie de changer de style !

Je n’ai pas non plus envie qu’on aille compter dans mon portfolio le nombre de photos de détails, le nombre de portraits, le nombre de photos posées… je n’ai pas envie de me limiter dans ce que je fais, de me dire au moment de prendre une photo “est-ce que cette photo rentre dans les critères de la WPJA ?”, qu’on me dise ce que je peux faire et ce que je ne peux pas faire (oui, j’ai un souci avec l’autorité, vous n’aviez pas remarqué ?), qu’on me bride parce que je dois remplir des critères… quel mot horrible ! Critères, standards, règles, codes, directives, cases, boîtes, tiroirs, prisons, enfermement… que des mots qui vous brident, vous limitent, vous emprisonnent dans UN style, UNE sorte de photographie, UNE catégorie de photographe.

Certains vont dire que je suis aigrie parce que je n’ai pas été acceptée à la WPJA. Non vraiment, je ne le suis pas. Au contraire, je me sens libre. Libre de faire les photos que j’ai envie de faire, de mettre les photos que j’ai envie de mettre dans mon portfolio. Pour moi, un artiste doit être libre, et si on vous dit que vous devez modifier votre travail pour entrer dans un moule, alors vous n’êtes plus libre de faire ce que vous voulez, et alors vous n’êtes plus un artiste.

Je respecte les photographes qui sont à la WPJA, il y en a de très talentueux et certains ont un style “photojournalistique” qui correspond parfaitement à la vision de la WPJA… mais je me rends compte que cela n’est pas pour moi.

Pourquoi j’ai décidé de publier cette histoire ? (C’est vrai, j’aurais pu la garder pour moi et affronter seule la honte ultime d’avoir été refusée à la WPJA ! – insérer humour au 15e degré ici !). Hé bien, parce que je me dis que quelque part, il y a des gens qui, comme moi, ont débuté il y a peu de temps, et à qui on ne cesse de dire : “il faut que tu fasses ci pour réussir, il faut que tu ailles sur tel site, il faut que tu sois dans tel annuaire…” Je ne pense pas qu’il y ait de recette miracle, et je pense que plutôt que de faire ce que tout le monde fait, et se perdre dans la masse, il vaut mieux faire son petit bonhomme de chemin tout seul et se démarquer des autres.

Morale de l’histoire : si on vous dit non, profitez-en pour rebondir et pour aller voir ailleurs. Vous avez échoué quelque part, ce n’est pas grave, vous réussirez ailleurs. Si vous sentez que vous devez brider votre créativité pour épouser une philosophie qui ne vous va pas, hé bien, c’est qu’elle n’est pas faite pour vous.

Seconde morale de l’histoire : CULTIVEZ VOTRE PROPRE STYLE ! N’essayez pas de rentrer dans des standards, n’essayez pas de copier les autres, soyez vous-mêmes !

Personnellement, je n’ai pas besoin de la WPJA pour booker des mariages et des séances. C’était plus une question de “prestige”… mais au final, le prestige on s’en fiche ! Moi j’ai juste envie de travailler avec des gens qui aiment mon travail, que je sois photojournaliste, photographe lifestyle ou photographe fine art. Peu importe le titre, si le travail est là.

Et finalement tout ça n’est pas très grave ! La vie continue. The show must go on!

Allez, je file, ce weekend, j’ai deux beaux mariages à photographier.

Cheers,

Amy

(et puis mon nouveau vernis et mes nouvelles chaussures sont tellement chouettes !)

Nikon D700 + Sigma 50mm 1.4



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Just forget the world

Ling & Jehan

We’ll do it all
Everything
On our own

We don’t need
Anything
Or anyone

If I lay here
If I just lay here
Would you lie with me and just forget the world?

I don’t quite know
How to say
How I feel

Those three words
Are said too much
They’re not enough

If I lay here
If I just lay here
Would you lie with me and just forget the world?

Forget what we’re told
Before we get too old
Show me a garden that’s bursting into life

Let’s waste time
Chasing cars
Around our heads

i need your grace
to remind me
to find my own

If I lay here
If I just lay here
Would you lie with me and just forget the world?

Forget what we’re told
Before we get too old
Show me a garden that’s bursting into life

All that I am
All that I ever was
Is here in your perfect eyes, they’re all I can see

I don’t know where
Confused about how as well
Just know that these things will never change for us at all

If I lay here
If I just lay here
Would you lie with me and just forget the world?

Chasing cars – Snow Patrol

 



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Hélène et Mathieu | Séance engagement Paris

Hélène et Mathieu sont timides, surtout Mathieu, et surtout devant un appareil-photo.
Mais moi j’aime bien les gens timides et réservés, car quand ils arrivent à se détendre un peu, ce qu’ils vous montrent et ce qu’ils vous “offrent” est pur… pas de mensonge, pas de faux sentiment, rien que la vérité, de l’honnêteté et de l’amour… et il y a beaucoup d’amour entre ces deux-là…

Hélène et Mathieu se marient en août 2011. Je ne doute pas une seconde que la fête sera belle, que les mariés seront resplendissants et que la journée sera parfaite.

Love,

Amy



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The lovely details

The details make the difference.

Dress created by Rime Arodaky

Amy



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Catherine et Cécile | Séance mère – fille Paris

C’était ma première séance “mère-fille” et j’ai eu le grand plaisir de photographier mon amie Catherine et sa fille, Cécile.
J’ai connu Catherine il y a quelques années, lorsque j’étais encore à La Réunion et que je faisais du digital scrapbooking (oh la la, quels souvenirs !). Catherine était alors une designeuse célèbre dans le petit milieu du digital scrapbooking.
Aujourd’hui, elle n’est plus designer et je ne fais plus de digital scrapbooking, mais nous sommes toujours restées en contact. Alors, quand Catherine m’a demandé au pied levé de la photographier avec sa fille pour la fête des mères, j’ai dit oui !
Cécile est également passionnée de photo, et la séance a été un agréable moment de papotage et d’échanges autour de la photo.

Catherine et Cécile, merci pour cette séance décontractée et le déjeuner “américain” à Paris !

Amy



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